Le travail du menuisier

par Etienne  -  #menuiserie

Le travail du menuisier pour la réalisation d'un meuble ou d'une huisserie est constitué de trois phases : la conception, la fabrication et la pose; elles même décomposées en différentes étapes ayant chacune leur importance.


La conception est déterminante et commence par une étape de réflexion en interaction avec le client quant au choix du matériau, de la couleur, de l'essence de bois, du style et de la taille voulue. Elle permet de préciser et clarifier les souhaits du client. Le menuisier pourra s'appuyer sur des dessins et croquis à échelle réduite sur papier ou informatique (cf. photo 1 et 2) afin de dissiper tout malentendu et de se rendre compte tout éventuel problème d'ordre technique ou esthétique. Cela permet également de calculer le cubage (quantité de matériau) et le temps de travail nécessaire à la réalisation avant l'établissement d'un devis.

Photo 1 et 2 : croquis papier - Photo 3 : conception informatique 3D
Photo 1 et 2 : croquis papier - Photo 3 : conception informatique 3D
Photo 1 et 2 : croquis papier - Photo 3 : conception informatique 3D

Photo 1 et 2 : croquis papier - Photo 3 : conception informatique 3D




Il est ensuite généralement nécessaire de réaliser une épure ou un plan sur règle (cf. photo 3 et 4) étape cruciale, s'il en est. En effet, on y représente dans les moindre détails les assemblages, moulures, arrêtes visible et cachées, nécessaires à la fabrication de manière à ce que l'ouvrage puisse être réalisé par quiconque. Le dessin est effectué à taille réelle sur une planche ou un panneau de bois. une épure deut donc avoir des dimensions assez importantes lorsqu'il s'agit d'une porte par exemple.

Photo 4 et 5 : Plan sur règle
Photo 4 et 5 : Plan sur règle

Photo 4 et 5 : Plan sur règle




La phase de fabrication commence par un choix précis et méticuleux du bois à utiliser (cf. photo 5). Il faut ici observer les imperfections et irrégularités du bois (gauchissement, sens du fil, nœuds, gerçures, fentes...) afin de déterminer où il convient de débiter chaque pièce dans le plateau, planche ou autre avivé. C'est le bois qui commande, c'est à dire que l'on s'adapte au gré des irrégularités du bois car il n'existe pas deux planches identiques. Les chutes peuvent donc être plus ou moins importantes. Aussi, le menuisier aura-t-il pris soin lors du calcul du cubage d'ajouter une sur-côte de 20%. A noter que les nœuds sains pourront éventuellement être conservés pour leur esthétisme.

Photo 6 : Plateaux de frêne

Photo 6 : Plateaux de frêne




Il faut après cela, débiter le bois avec une sur-côte de 7mm dans la largeur (délignage) et 30mm dans la longueur (tronçonnage) afin de permettre les usinages ultérieurs; en prenant garde d'éliminer les imperfections indésirables (cf. photo 6).

Photo 7 : Débit

Photo 7 : Débit




Vient ensuite le dégauchissage. Il s'agit ici de corriger le défaut de rectitude de deux faces tangentes de la pièce de bois et de les rendre perpendiculaires. Par la rabotage, les quatre faces du bois seront donc rectifiées en rendant les deux dernières faces parallèles aux deux précédemment dégauchies (cf. photo 7).

Photo 8 : Passage à la dégauchisseuse et à la raboteuse

Photo 8 : Passage à la dégauchisseuse et à la raboteuse




Cette première étape de l'usinage effectuée, un traçage (cf. photo 8) minutieux sur chaque pièce au crayon, à l'aide d'outil de traçage et avec des symboles précis permettra par la suite un usinage des pièces (tenons, mortaises, moulures...) et un assemblage du meuble précis. S'il ne faut négliger aucune étape, celle-ci est sans aucun doute celle qui recommande le plus de dextérité.

Photo 9 : Tracé des limons et poteaux d'un escalier

Photo 9 : Tracé des limons et poteaux d'un escalier




Il convient après cela, d'usiner à la toupie, tenonneuse, mortaiseuse, scie et autres ciseaux à bois en suivant les tracés réalisés (cf. photo 9).

Photo 10 : Rainures des marches et contre-marches et tenons usinées dans les limons

Photo 10 : Rainures des marches et contre-marches et tenons usinées dans les limons




Puis, il faut assembler les différentes pièces entre elles par collage et/ou chevillage (cf. photo 10).

Photo 11 : Serrage sous presses d'un dessus de table cintré pendant la prise de la colle

Photo 11 : Serrage sous presses d'un dessus de table cintré pendant la prise de la colle




Un traitement de surface (vernis, cire, lasure, peinture) peut être appliqué par la suite.



Enfin, la troisième est dernière phase, la pose qui peut paraître simple, peut s'avérer ardue lorsqu'il faut s'adapter aux irrégularités parfois importantes notamment dans des bâtiments anciens (cf. photo 11).

Photo 12 : La pose

Photo 12 : La pose